Lancé en décembre 2013, le satellite Gaia n’a depuis lors cessé d’arpenter l’espace. Ce 14 septembre, les quelques 450 scientifiques qui interprètent les données qu’il a transmises livrent les premiers résultats de leurs travaux de déchiffrage sous la forme d’un embryon de catalogue qui, à terme, devra répertorier environ 1,2 milliard d’astres. Parmi ces chercheurs, des astronomes de l’Université de Liège, traqueurs de quasars et d’étoiles binaires.

Gaia

La mission Gaia est sans doute l’un des projets parmi les plus ambitieux de l’ESA. Lancé depuis Kourou le 19 décembre 2013, ce satellite (1) est dédié à l’astrométrie, branche de l’astronomie qui se consacre à la mesure de la position et du mouvement des astres, ce qui a permis aux astronomes de montrer que les étoiles ne sont pas des points fixes dans l’espace mais des corps en mouvement. L’ESA avait lancé une première mission de mesures (Hipparcos) en 1989. Elle avait abouti à la caractérisation d’environ 2 millions d’étoiles de la Voie Lactée (la galaxie dans laquelle la Terre est située). Cette fois, l’ESA a visé plus loin puisque c’est environ 1% de notre galaxie qui est passé au crible, soit près de 1,2 milliard d’étoiles. « Le but de Gaia, explique Eric Gosset, un des astronomes de l’Université de Liège impliqués dans la mission, est d’établir le mouvement de ces astres sur la voûte céleste et leur position avec une précision sans précédent, de mesurer leur distance par rapport à nous et pour certains, la vitesse à laquelle ils s’éloignent (ou se rapprochent !) de nous ». Ce 14 septembre, une première salve de données accumulées dans les ordinateurs de la mission et traitées selon les procédures automatiques en développement, va être divulguée et mise à la disposition des chercheurs du monde entier. Ce sera aussi l’occasion de publier les premiers articles rédigés par les membres du consortium. « Mais il ne faut pas se réjouir trop vite, tempère Eric Gosset. C’est encore très parcellaire ; le but de ce data release est justement que beaucoup de chercheurs autres que les membres du consortium s’emparent de ces données et se mettent à travailler dessus. »

Asteroides Gaia

Gaia doit aussi remplir des missions connexes comme préciser l’orbite d’astéroïdes, détecter des exoplanètes, découvrir des étoiles doubles et des quasars, objets extragalactiques cette fois. C’est précisément dans ces missions qu’intervient l’Université de Liège. Eric Gosset et son équipe font parties des membres du consortium qui sont en charge du repérage des étoiles binaires. « Un travail ingrat, sourit Eric Gosset car nous travaillons à partir de données spectroscopiques, compliquées à établir ». Quant à Jean Surdej et ses collaborateurs, ils quittent notre galaxie pour tenter de repérer des quasars, ces noyaux de galaxies très lointains.