Dernières opportunités d’observation des lunes Titan et Encelade pour Cassini.

Titan

L’un des objectifs scientifiques majeurs de la mission Cassini autour de Saturne est l’étude de Titan, la plus grosse lune de Saturne avec un diamètre supérieur à celui de la planète Mercure. Lors de son survol de Saturne au début des années 80, la sonde Voyager a découvert que Titan était entourée d’une atmosphère dense empêchant l’observation de sa surface. Durant les 13 ans de la mission, Cassini a réalisé des mesures radar et des observations en infrarouge à travers l’épaisse brume opaque recouvrant cette lune. En 2005, Cassini a aussi libéré une sonde baptisée Huygens qui a traversé l’atmosphère de Titan et a atterri à sa surface. La mission Cassini a ainsi révélé la présence de montagnes et de dunes de sable à la surface de Titan, de même que des lacs et des mers remplis non pas d’eau, mais essentiellement de méthane sous forme liquide. Plus de 120 survols de Titan, et en particulier celui de l’orbite 285 effectué en juillet dernier durant le Grand Finale , ont permis d’obtenir une cartographie de sa surface et de comprendre la dynamique des nuages dans son atmosphère.

Encelade

Si l’atmosphère de Titan est une source de particules pour l’environnement spatial autour de Saturne, la sonde Cassini a permis une découverte inattendue : la petite lune Encelade, à peine 500 km de diamètre, constitue une source bien plus importante. Les instruments de Cassini ont en effet mis en évidence des jets de vapeur d’eau et de particules de glace, tels des geysers, s’échappant de la région du pôle sud d’Encelade. Les molécules d’eau vont ainsi peupler le milieu englobant Saturne, la magnétosphère, où elles vont notamment se dissocier pour former de l’oxygène et s’ioniser pour devenir un plasma. Les geysers à la surface d’Encelade trahissent l’existence, sous la couche de glace qui recouvre cette lune, d’un océan d’eau liquide qui pourrait abriter de la vie.

Haut: Deux images de Titan obtenues en 2017 par la sonde Cassini. L’image de gauche est une vue en lumière visible, tandis que celle de droite est une image composite pour laquelle une image en infrarouge permettant d’observer la surface à travers l’atmosphère a été ajoutée à l’image visible.
(Crédits : NASA/JPL)

Bas : Image d’Encelade prise en 2017 par une caméra de Cassini montrant les jets au pôle sud, éclairés par l’arrière par les rayons du soleil.
(Crédits : NASA/JPL)

Benjamin Palmaerts est Post-doctorant au Laboratoire de Physique Atmosphérique et Planétaire (LPAP) au sein de l’Unité de recherche STAR qui compte de nombreux spécialistes de l’étude des émissions aurorales UV de Jupiter et de Saturne.