La sonde spatiale qui a entamé sa descente vers la 6e planète de notre système solaire va permettre l’aquisition de nouvelles données et ainsi éclairer les scientifiques sur la genèse des anneaux et la composition de l’atmosphère supérieure de la planète.

Cassini

Nommée d’après le l’astronome et ingénieur italien Gian Domenico Cassini, connu pour avoir étudié en détails les anneaux de Saturne et avoir découvert certaines de ses principales lunes, la sonde spatiale Cassini a été lancée depuis la base de Cap Canaveral (Floride, UAS) en 1997. Mise en orbite autour de Saturne après un périple de sept ans, Cassini nous a permis de découvrir l’extraordinaire diversité des nuages de Saturne, les paysages étranges de ses satellites, les geysers géants d’Encelade, les mers d’hydrocarbure de Titan, l’infinie variété des anneaux et les impressionnantes aurores polaires de la planète. Réalisée par le Jet Propulsion Laboratory (NASA), en collaboration avec les agences spatiales européenne (ESA) et italienne (ASI), la sonde a entamé son dernier grand voyage autour de la sixième planète de notre système solaire.

« Grand Finale »

Le 15 septembre 2017, la sonde Cassini (en orbite autour de Saturne depuis 2004) terminera sa mission en plongeant dans l’atmosphère de la planète. Elle traversera les anneaux et s’approchera des couches supérieures de son atmosphère avant de se désintégrer comme un météore sous l’effet des forces de friction.

Cette dernière phase, appelée « Grand Finale » par la NASA , qui a débuté le 30 novembre 2016, amènera la sonde vers des zones qui n’ont encore jamais été explorées, apportant de nouvelles réponses à nos interrogations concernant la composition de l’atmosphère supérieure de la planète et de ses anneaux.

Depuis avril 2017, Cassini se glisse périodiquement entre Saturne et l’anneau D, le plus interne. Les instruments embarqués à bord de la sonde vont permettre de cartographier les multiples composantes du champ magnétique planétaire et du champ gravifique avec une précision jamais atteinte. Les données obtenues auront un intérêt scientifique énorme. Cassini délivrera ses données jusqu’à sa destruction, lorsqu’elle sera précipitée et désintégrée comme un météore dans l’atmosphère de Saturne. Cette fin tragique émane d’une volonté des scientifiques d’éviter tout risque de « contamination » (par les microbes de la Terre importés par la sonde et par le Plutonium contenu dans son générateur thermoélectrique) des deux plus grandes lunes de la planète – Titan et Encélade – qui pourraient abriter certaines formes de vie.

Ce que les scientifiques attendent du « Grand Finale »

> Les scientifiques espèrent profiter de la proximité de Saturne pour obtenir des informations inédites sur sa structure interne.

> Evaluer la masse totale des anneaux et déterminer le scénario relatif à ses origines

> le 15 septembre 2017, elle plongera dans l’atmosphère de Saturne. Cassini délivrera les données sur la composition de l’atmosphère

> Au cours des prochains mois, Cassini prendra des vues les plus rapprochées jamais réalisées des aurores de Saturne (lumière polaire). Ces dernières images vont nous aider à comprendre les principes de l’interaction entre Saturne et son environnement spatial.

Après Cassini ?

A ce jour, rien n’est encore prévu pour retourner observer Saturne, Titan ou Encélade.

De nombreux projets existent et les derniers résultats scientifiques obtenus par Cassini – comme la présence d’hydrogène dans la matière éjectée par les geysers d’Encelade – contribuent à susciter la curiosité des scientifiques.

Dans les prochaines années, ce sera Jupiter qui sera (à nouveau) mis l’honneur avec les missions ESA JUICE et NASA Europa Clipper qui étudieront les lunes de Jupiter : Ganymede et Europa . L’Université de Liège est déjà présente sur ces deux missions.

 

Katerina Radioti est chercheur au Laboratoire de Physique Atmosphérique et Planétaire (LPAP) au sein de l’Unité de recherche STAR qui compte de nombreux spécialistes de l’étude des émissions aurorales UV de Jupiter et de Saturne.