La médecine génomique

Michel Georges est responsable de l’Unité de génomique animale du GIGA-R (Unité de recherches appartenant au GIGA –Groupe Interdisciplinaire de Génoprotéomique Appliquée). Il a acquis depuis une vingtaine d’années une réputation mondiale dans le domaine de la génétique animale et de la génomique. Ses contributions constituent un progrès important dans le domaine. Il a reçu en 2008 le Prix Francqui, principale distinction scientifique en Belgique.
Il a développé des méthodes pour identifier des gènes qui contrôlent des caractéristiques simples, comme certaines maladies génétiques, mais également des caractéristiques complexes comme la croissance des muscles et la production de lait dans les bovins. Ces méthodes sont également applicables à certaines maladies humaines, comme la maladie de Crohn et la schizophrénie.

La médecine génomique, qu'est-ce que c'est ?

La génomique est née en tant que nouvelle discipline scientifique de la convergence de la génétique, de la biologie moléculaire, de l’informatique et de la robotique durant les années 80.

 

Les progrès de la génomique ont permis d’obtenir :

 

la séquence complète du génome humain (et de nombreux autres organismes)

un catalogue de l’ensemble de variants génétiques courants ainsi que de basse fréquence

un arsenal avancé d’outils d’exploration des génomes, et en particulier les méthodes de séquençage de nouvelle génération.

une liste croissante d’éléments génétiques fonctionnels identifiés sur la base de la conservation inter-espèce, ainsi que de profils épigénomiques et transcriptomiques

 

La génomique bouleverse fondamentalement la conduite des recherches biomédicales. Elle a déjà permis d’identifier plus de 3000 gènes responsables de pathologies monogéniques mendéliennes, de plus de 900 loci influençant la prédisposition aux maladies courantes complexes, de dizaines de loci déterminant l’efficacité de traitements médicamenteux. Elle a déjà abouti à une stratification des cancers sur la base de leur profil transcriptomique ou la présence de mutations particulières. Des connaissances nouvelles issues de la génomique servent de plus en plus au développement de nouveaux médicaments.

 

Les technologies de la génomique sont de plus en plus lourdes et coûteuses, nécessitant la mise en place de centres cliniques et scientifiques intégrés et des collaborations interdisciplinaires afin de stimuler l’acquisition de données et leur interprétation sur des cohortes suffisantes de patients.

 

Le développement récent de technologies de séquençage à ultra-haut débit conduit vers une médecine génomique de plus en plus individualisée. Les chercheurs et cliniciens seront de plus en plus aptes à disséquer les mécanismes moléculaires qui sous-tendent les maladies et à intégrer l’information génomique dans la pratique clinique.

 

La transition vers la médecine génomique est en cours, et de nombreux pays planifient activement l’intégration des données génomiques dans l’environnement hospitalier.

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